Je venais d’avoir 50 ans lorsque j’ai remarqué que je perdais encore quelques gouttes après avoir fait pipi. Au début, je ne me faisais pas de soucis, et je pensais que je n’avais pas assez secoué après avoir uriné. Malheureusement, ça n’arrêtait parfois pas après quelques gouttes. A un moment donné, un collègue me signalait que l’avais une tache humide dans mon pantalon beige. Je me gênais énormément. Les semaines suivantes, je ne portais à mon travail plus que des pantalons foncés, et je faisais des fois semblant d’avoir gaspillé de l’eau en me lavant les mains. Des fois, je rembourrais mes sous-vêtements de papier toilette, mais cela n’aidais pas beaucoup. Je n’osais même plus monter dans ma voiture, par peur de souiller la sellerie.
Lorsque je lisais à un moment donné un article dans le journal parlant de problèmes de la prostate, ça m’a sauté au visage. Uriner plus souvent, uriner plus longtemps, un jet moins fort, des gouttes retardataires… Oui, j’en souffre aussi ! J’en ai parlé à mon épouse à un moment calme. Sa réaction fut bien meilleure que je ne l’aurais pensé. En effet, elle avait déjà constaté depuis un moment que mes sous-vêtements ne sortaient plus tellement frais du panier à linge, et qu’il me fallait plus de temps pour uriner. Nous nous sommes rendus ensemble chez notre médecin traitant. Pour avoir la certitude, nous avons fait faire quelques examen pour exclure un cancer de la prostate. Très énervant, mais heureusement, il n’en était pas question.
Aujourd’hui, j’ai adapté ma vie, et ça fonctionne bien. J’utilise Depend Shields dans mes sous-vêtements, avec un bon confort, ce qui me tient bien au sec, et personne ne voit ni ne sent rien. Comme avant, je mets un pantalon clair, sans avoir l’incertitude si tout ira bien. Avant de partir de chez moi, je vais d’abord encore une fois aux WC. Après, je vérifie si j’ai assez de Depend Shields sur moi pour le reste de la journée. C’est devenu un élément de la routine habituelle, comme ne pas oublier les clefs de la voiture ou mon portefeuille.
Depuis que je bouge un peu plus sur les conseils de mon médecin traitant, j’ai perdu quelques kilos et chez moi, les troubles se sont réduits. Je suis devenu un peu plus prudent avec la bière et le café, je bois assez d’eau, et ça fait une différence aussi. A vrai dire, j’ai parfois du mal à accepter l’image de moi, car dans ma tête, je me sentais encore comme un jeune homme. Enfin, je ne dis pas que c’est facile, mais je ne laisse pas ce problème affecter ma vie.
